Les monuments historiques de Cythère

Le château de Chora

C’est le château le mieux conservé de l’île. Il a été édifié au 13e siècle par les Véniers, mais il est fort probable qu’il fut bâtit sur les ruines d’un ancien fort. En 1503 il a été restauré par les Vénitiens. Il est constitué de deux parties, le château intérieur et une muraille extérieure plus étendue qui contient le quartier de Mesa Vourgos (le bourg intérieur). Le château intérieur comprend parmi d’autres, les églises Panagia Myrtidiotissa, Panagia Orfani, Pantikrator et Agios Ioannis. On y trouve aussi l’Archive historique de Cythère dans le bâtiment du palais, le bâtiment qui servait de QG, et des maisons de nobles. A Mesa Vourgos, à part les nombreuses maisons de nobles, il y a 14 églises. Sur les rochers du château, perchée sur la falaise, on y trouve le Sempreviva, une petite fleure jaune qui « vit pour toujours». La vue à partir de là-haut est sublime.

Paléochora

La Capitale byzantine de l’île fut construite au 13e siècle. Son nom était Agios Dimitrios (aujourd’hui Paléochora), et c’était un fort construit dans la falaise de Kakia Lagkada, ayant une seule voie d’accès au Sud-ouest. C’est un espace restreint et les maisons étaient construites l’une sur l’autre. La légende dit qu’il y avait 70 églises, mais aujourd’hui il ne reste que 21. Située dans une falaise, cette ville-château était visible de nulle part, et plus spécialement depuis la mer, évitant ainsi les attaques de pirates. Cependant, en 1537, le pirate Hayreddin Barbarossa, commandant de la flotte ottomane, utilisant des canons a réussi à aplatir la ville, tuant un grand nombre d’habitants et vendant le reste comme esclaves.

La visite de Paléochora est une expérience unique. Cet endroit sauvage et silencieux épate le visiteur mais en même temps l’émerveille. Selon les habitants de Cythère, les légendes prennent âme et corps pendant les nuits, et on peut écouter les voix des citoyens de Agios Dimitrios hurlant à l’éclatement des bombes de Barbarossa. L’architecture byzantine des églises ainsi que les fresques sont surprenants, avec comme pièce par excellence le temple de Agia Varvara, au Nord de l’entrée de la ville. Observez les chèvres sauvages qui méprisent la dangerosité des rochers de la falaise en cherchant de la nourriture.

Avec un équipement adéquat, et l’envie d’expériences uniques, vous pouvez descendre la pente abrupte derrière l’église de Agia Varvara et longer la falaise jusqu’à son issue. Le degré de dangerosité est grand et vous devez être très attentifs.

Kato Chora

Une des trois cités principales de l’époque médiévale, avec Paléochora et le Château de Chora. Kato Chora est une fortification vénitienne, construite en 1565. A l’intérieur on y trouve un quartier avec plusieurs habitations, ainsi que des églises aux fresques byzantines. Au dessus de l’entrée du château vous pouvez voir le Lion de Saint- Marc, l’emblème de la République de Venise, dite la Sérénissime.

Le pont de Katouni

Edifié en 1826, pendant l’occupation Anglaise, c’est un des plus grands ponts jamais construits en Europe par les Anglais. 110 m de long, 6 m de largeur, et 15 m de hauteur au plus haut point. Le pont est basé sur 13 arches et 12 petites galeries symétriques. Selon la légende, le légat Anglais Mackwell tomba amoureux d’une jeune fille qui habitait le village de Katouni. Il prit alors la décision de bâtir un pont et inspecta de près sa construction afin de justifier des visites à sa bien aimée. En réalité, ce pont fait partie d’une route qui devait lier la Capitale de Cythère au port d’Avlèmonas. Cette route ne fut jamais achevée puisque les Anglais ont quitté l’île en 1864, quand les îles Ioniennes ont joint la Grèce. Aujourd’hui, ce pont est un des monuments les plus importants de l’île.

Le pont de Potamos

Ce pont a été construit en 1823 par le légat Anglais Mackwell. Il est basé sur 7 arches et est construit à base de pierres et de mortier. Il fait 60 m de long, 6,80m de large et 7 m de haut à son plus haut point.

L'école de Milapidéa

Pendant l’occupation Anglaise, les occupants de l’île ont construit plusieurs écoles et ils obligeaient les Cythéréens d’y envoyer leurs enfants. Ceux qui ne souhaitaient pas que leur progéniture ait une éducation anglaise, étaient obligés de payer de lourds impôts, et de travailler aux œuvres publics. L’école de Milapidéa domine sur la vallée de Livadi, et est un exemple typique de l’architecture anglaise su l’île. Comme le reste des écoles anglaises à Cythère, elle est toujours bien conservée.

Le phare de Moudari

Il a été construit en 1857 par les Anglais et est un des plus grands en Grèce. Situé à l’extrémité Nord de l’île, au cap Spathi, il fait 25m de haut. Pour le visiter il faut parcourir  un long chemin à pied. Pour plus d’informations adressez-vous aux habitants de Karavas. Il y a aussi un gardien de phare qui pourrait vous laisser entrer à l’intérieur. A l’époque, à part la lumière clignotante, dans la journée on informait les bateaux avec des drapeaux qui étaient conservés dans une construction près du phare. L’endroit est d’une beauté étonnante. Si le temps le permet, vous pourriez observer la totalité du golfe de Laconia, du cap Maléas au cap Ténaro.

Paléokastro

Capitale de Cythère dans l’antiquité, Paléokastro se trouve sur une colline près de Paléopoli et présente des traces d’habitation depuis l’époque géométrique. En 1999, le professeur-archéologue Cythéréen Ioannis Petrocheilos, effectua des fouilles au sommet de la colline de Paléokastro, près de l’église de Agios Georgios (323m. d’altitude). Ses recherches ont révélé un sanctuaire qui fut utilisé depuis l’époque géométrique jusqu’aux années hellénistiques. Les études réalisées laissent croire qu’il s’agirait d’un sanctuaire dédié à la déesse Vénus. A Paléokastro il y a aussi de nombreuses ruines de bâtiments et murs de l’ancienne Capitale et de son acropole. Les objets découverts durant les fouilles archéologiques sont des vaisseaux, des encensoirs, et des objets en bronze (bagues, boucles etc.). Les fouilles continuèrent pendant quelques années.

Paléopoli – Scandia

Dans les environs de Paléopoli était situé le port antique de Scandia, port principal de Paléokastro, Capitale de Cythère dans l’antiquité. Le port fut détruit par un séisme en 375 av. J-C. Des fouilles archéologiques ont découvert des tombes anciennes, aujourd’hui visitables pour les curieux.

Sanctuaire Minoen de Sommet

En 1992, l’archéologue Ioannis Sakelarakis et son équipe ont découvert devant l’église de  Agios Giorgis sto Vouno, un sanctuaire minoen de sommet, qui, ne fut pas pillé dans le passé. Les Minoens utilisaient ce sanctuaire pour observer la mer de Cythère. De plus, grâce à un système de signaux à feu, ils arrivaient à faire passer des messages du Péloponnèse en Crète et ce sanctuaire était le relais principal. Les fouilles ont mit à la lumière du jour des ustensiles fabriqués à base de céramique et de pierre, des jarres, des petites statuettes qui servaient d’offrandes etc.

Mikri Dragonara (ou Antidragonara)

C’est un petit îlot situé à l’Est de Cythère, où il y a un sanctuaire dédié à Poséidon en tant que Dieu de la Terre et des séismes. Les fouilles archéologiques, menées par l’archéologue Aris Tsaravopoulos et son équipe à la fin des années 90, trouveront des centaines de pièces de monnaie d'époque hellénistique, provenant de 54 villes et royaumes de la Méditerranée et de la Mer noire, ainsi que des vases et amphores servant comme offrandes. Les fouilles sub-auqatiques qui ont pris place sous la direction de l'archéologue Dimitrions Kourkoumelis, ont découvert au fond de l’eau 9 ancres de pierre, dont les 4 sont exposées au musée archéologique de Cythère.

La Grotte Chousti et le Sanctuaire

La grotte Chousti se trouve à Diakofti, le port principal de Cythère. Il s’agit d’une caverne directement sous la surface de la terre, d’une superficie de près de 800m². En 1998, commença une grande étude archéologique, qui découvrira de nombreux objets de plusieurs périodes, avec comme plus anciens des morceaux de céramique datant de 3 800 av. J-C. Les études ont montré que la plupart du temps, cette caverne fut utilisée comme lieu d’adoration de la déesse Vénus. A l’extérieur de la grotte, en direction du village, il y a les ruines d’un autre sanctuaire.

Castello, le château-fort de Agios Frangiskos

La Mer de Cythère est l’entrée Ouest de la mer Egée. Elle est souvent agitée, constituant ainsi sa traversée difficile et dangereuse. Plus spécialement, Cavo Maléas, le cap Sud-est du Péloponnèse, est un des plus dangereux en Grèce. D’où la nécessité d’un port à Cythère afin que les navires puissent trouver refuge en cas de mer agitée. Le port à Kastri, dans le petit golfe de l’ancienne ville de Scandia, ainsi que celui de Agios Nikolaos à Avlèmonas servaient de refuge dans l’antiquité.


A l’ouest du golfe de Avlèmonas se trouve un castel vénitien, appelé Castello, ou château-fort de Agios Frangiskos. Il a été édifié en 1565 par les Vénitiens dans le but de contrôler l’île et la protéger d’invasions étrangères. Castello fut restauré il y a environ 10 ans. Son plan est octogone est on y trouve des portes pour canons, des voûtes, une tour centrale, des greniers et des canons. Les fouilles qui ont précédé la restauration ont trouvé notamment un système d’égouts.

Les moulins à vent

A Cythère, comme sur la plupart des îles grecques, il y a de nombreux moulins à vent. Ceux de Cythère ont été bâtis au 19e siècle, et leur utilisation était uniquement dans le cadre de la production agricole. La présence presque constante de vent favorisa leur utilisation. On peut toujours voir ces moulins aux extrémités des villages, en accès facile et près des champs, deux par deux ou un seul. Ils sont en pierre et leur taille varie entre 5 et 6 m de large et entre 4,5 et 5,5m de haut. La porte d’entrée a un encadrement en pierre de grès (porus). A Cythère les moulins à vent étaient destinés à moudre le grain de blé. L’avènement de l’électricité et la baisse de la production agricole dans la première moitié du 20e siècle signa le déclin de l’utilisation de ces moulins, jusqu’en 1955 où le dernier arrêta de fonctionner.

Les moulins hydrauliques

Dans la petite vallée près du village de Mylopotamos, on y trouve la plupart des moulins hydrauliques de l’île. Il y a en tout 23 moulins, parmi lesquels seulement 3 sont toujours bien conservés. Tous sont des propriétés privées. Le nom du village, Mylopotamos,  qui en grec signifie la rivière à moulins, provient de la concentration de ces moulins. La vallée de Mylopotamos a les terres les plus fertiles de l’île et est la plus riche en eaux de rivières et ruisseaux. Les moulins à vent étaient très fortement utilisés pendant la période anglaise, et leurs propriétaires devaient payer des taxes afin de pouvoir les utiliser. Ces moulins servaient à moudre des céréales. Afin de gagner en puissance, l’eau était canalisée, ce qui servait également à arroser les potagers voisins. Il y avait aussi un réseau de chemins de plusieurs kilomètres, connectant les moulins. Ils furent tous abandonnés en 1950, substitués par les moulins à pétrole.

A part dans les environs de Mylopotamos,  on y trouve des moulins de ce type dans la vallée de Ochèles (10 moulins), la gorge de Tsakonas à Mitata, la vallée de Karavas, à Agia Pélagia et ailleurs.

ANATOMIE D'UN MOULIN HYDRAULIQUE

  • Une tour, afin de déverser l’eau à partir d’une hauteur suffisante
  • La roue
  • L’atelier de moulage
  • Le grenier
  • L’espace de réception des clients
  • La maison du propriétaire (moulinier)


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  • Selon Hésiode, la déesse Vénus et née dans la mer de Cythère